Les tentatives d’éradiquer les conflits ne doivent pas arriver à

30.06.14

Les tentatives d’éradiquer les conflits ne doivent pas arriver à

Эксперты МГИМО: Мария Дубовикова
Les tentatives d’éradiquer les conflits ne doivent pas arriver à

Par La Voix de la Russie | Par La Voix de la Russie | Maria Doubovikova est la cofondatrice du club IMESClub et est également doctorante a l’institut MGIMO, au sein du département des relations internationales et la politique étrangère de la Russie. Ses domaines de recherche sont tant la politique étrangère de la Russie, en particulier au Moyen-Orient, la politique de la France et des États-Unis vers la Méditerranée, la théorie des relations internationales ou encore les interventions humanitaires. Maria Doubovikova est également colomniste pour Al-Arabiya en anglais.

— Bonjour et merci de répondre aux questions de La Voix de la Russie, présentez-vous s’il vous plait?

— Je dirige l’IMESClub (International Middle Eastern Studies Club), l’espace international d’échange et de travail unique d’experts qui se spécialisent sur le Moyen Orient. On réunit plus de 30 experts permanents et environ 25 experts-amis du Club et certaines organisations et centres de recherches. Récemment on a fondé la fondation de bienfaisance aussi orientée vers le Moyen Orient avec le programme prévu d’être consacré aux sujets de la culture au médecine et l’aide humanitaire. En plus je suis colomniste pour Al Arabiya English. Mes articles apparaissent chaque Dimanche sur leur site. Et puis je suis doctorant de MGIMO, dont je suis heureuse deux-fois-alumni!

— Après MGIMO vous n’avez pas choisi la carrière de diplomate — pourquoi?

— En fait je ne suis pas d’accord avec cette thèse. J’ai choisi le chemin (pas la carrière!) de diplomate, mais dans l’espace plus libre, moins organisé, plus chaotique — Open Diplomatie ou diplomatie publique. En fait je crois que tous les gens, qui fonctionnent dans l’espace international, peu importe dans quels domaines — culture, sciences, médecine — sont tous les diplomates. Ils représentent leur pays et forment son image au niveau des sociétés. Ils bâtissent les ponts entre ces sociétés et nations.

— Pensez vous que l’Open Diplomatie est aussi importante que la diplomatie traditionnelle?

— Bien sûr! L’Open Diplomatie construit les ponts entre les nations. Je crois, qu’on porte trop d’attention aux relations entres les gouvernements, entre les leadeurs. Les gouvernements changent, les leadeurs aussi. Mais les nations et les peuples restent les mêmes.

Je crois que les échanges entre les experts, en relations internationales en particulier — les conférences internationales, les congrès, les table-rondes etc. jouent un grand rôle dans l’espace de la diplomatie publique. Ils permettent de mieux comprendre, mieux entendre les uns et les autres et de proposer des analyses de plus haute qualité, qui à leur tour influencent les processus de «decision-making».

Mais il faut admettre, il y a des personnages qui détériorent l’image et plutôt déconstruisent ces ponts. Mais c’est la vie. Les brebis galeuses sont inévitables. Mais dans de tels grands espaces leur influence négative est heureusement limitée et sans conséquences lourdes si à comparer avec les mêmes brebis galeuse dans la diplomatie traditionnelle. Et en général, il faut admettre, que les fautes en diplomatie traditionnelle coutent cher pour la communauté internationale et les répercussions peuvent être pénibles.

— En ce qui concerne les conflits, qu’en pensez-vous? Est-ce qu’on peut les prévenir dans les relations internationales?

— Vraiment, le sujet de la prévention des conflits est très opportun. Le système international vit actuellement un moment historique, quand l’ordre international, assez relatif tout de même, il faut le reconnaître, craque de tous bords, mais l’on continue de tenter de gérer le nouveau monde par des vieilles méthodes, ce qui approfondi les conflits encore et encore.

Dans l’histoire de l’Humanité, il n’y a presque jamais eu de périodes sans conflits. L’histoire est faite de conflits. Les périodes de paix ont toujours été relativement courtes, quel que ce soit le pays ou l’époque. On pourrait les décrire en quelques passages, mais c’est toujours au sujet des guerres que l’on écrit des volumes des livres. La guerre, le conflit font partie de la nature humaine. Caïn a tué Abel. L’envie, l’avidité, l’ambition, la soif de pouvoir sont les traits de la personnalité d’un humain. Vous pouvez me contredire, dire que cela n’est pas vrai pour tous les hommes. Et j’en conviens. Le problème, c`est que les gens qui n’ont pas ces traits n’arriveront jamais au pouvoir politique. La politique n’est pas pour les idéalistes.

Je crois que maintenant et même dans l’immédiat, on n’a aucune chance de prévenir des conflits. Ni à l’échelle des Etats, ni à l’échelle mondiale. Tout d’abord, parce que c’est la politique qui essaye de les prévenir. Au niveau des pays, le retour de la Realpolitik et de la prévalence des intérêts nationaux rend toute ingérence dangereuse et contreproductive pour la stabilité internationale et aussi pour les pays en conflits. L’ingérence peut réussir à anéantir les symptômes, mais ne soigne jamais la maladie. On voit à quoi aboutit la politique d’ingérence de certains pays en Iraq, en Lybie, en Syrie et même en Ukraine. En plus, avant de parler de l’opportunité de la prévention des conflits il faut tout d’abord d’apprendre de les résoudre. Et avec ça la communauté internationale a toujours beaucoup de problèmes.

— Et donc si n’est pas par politique, comment on peut résoudre ou prévenir des conflits?

— Je pense qu’avec les mécanismes de fonctionnement de la diplomatie publique et des organisations non-gouvernementales (une toute petite remarque des organisations vraiment non-gouvernementales, pas soi-disant non-gouvernementales). Le problème qu’ils ne sont pas assez effectifs pour le moment. La diplomatie publique et les ONG (indépendants) font face à beaucoup d’obstacles à des niveaux différents, elles souffrent de manque de ressources humaines et financières. Les organisations qui fonctionnent dans le domaine de l’éducation, des échanges culturels, du soin médicaux, de l’humanitaire sont les plus importantes. Ce sont les catégories des ONGs qui sont vraiment utiles à l’échelle nationale aussi que internationale. Et elles exigent l’attention particulière.

On doit améliorer la situation avec les ONGs au niveau international et aussi au niveau des gouvernements. On doit éviter les situations dans lesquelles les gouvernements tentent d’en faire des instruments de leur politique, de propagande. Le fonctionnement de ces organisations doit être l’affaire de la société civile, pas celle des gouvernements. On doit construire des relations entre les gens, pas entre les gouvernements.

Les médias accordent beaucoup d’importance aux relations personnelles entre tel ou tel leader, mais jamais à la construction de relations stables et florissantes entre les peuples.

Cela prend beaucoup plus de temps, mais il me paraît beaucoup plus judicieux de parier sur les jeunes gens qui vont un jour représenter leur peuple sur l’échelle mondiale. On doit accorder beaucoup d’attention à la jeunesse, au sein de nos pays et à la création d’espaces et de conditions pour intensifier la communication et la coopération entre nos jeunesses. On doit construire des ponts.

Je pense que les ONGs qui fonctionnent maintenant en Israël et Palestine essayant d’améliorer les relations, peuvent faire beaucoup plus pour restaurer la paix et résoudre le conflit éternel, que toutes les initiatives de Kerry ou de Quartet toutes ensembles.

Et encore une chose à ajouter — les tentatives d’éradiquer les conflits ne doivent pas arriver à l’uniformisation du monde. Au contraire, les tentatives d’uniformisation sont dangereuses et contreproductives. Notre beauté, la beauté de l’humanité est dans nos différences. Mais nos différences ne doivent pas devenir des raisons pour les conflits.

La coopération des peuples aux niveaux culturels, humanitaires, éducatifs, les échanges différents aideront à mieux comprendre les uns et les autres. On a peur de ce qu’on ne comprend pas, mais on admire ce qu’on comprend. Tout comme avec le soleil, l’orage.

— A votre avis, y a-t-il des pays dont le comportement international favorise à la stabilisation du climat?

— Oui, par exemple en Moyen Orient c’est la Russie qui a énorme potentiel de stabiliser et développer la région. Tout d’abord car elle s’intéresse à la stabilité dans la région plus que les autres, car sa propre stabilité dépend de processus qui ont lieu dans la région. Puis la Russie peut proposer à ces partenaires le partenariat égal, libre, mutuellement avantageux, sans aucune règlementation et ingérence dans les affaires intérieures du pays.

La Chine aussi peut jouer le rôle positif dans les relations internationales, car la politique intérieure de ces interlocuteurs ne l’intéresse pas et ce pays est toujours motivé par ces intérêts économiques et puis la Chine a besoin de la stabilité. Et il faut mentionner que ce pays dépend de commerce énormément, c’est pourquoi son image paisible et non-agressif est essentiel pour le développent.

Il y a encore certaine puissances, mais pour le moment leur participation dans les affaires internationales est très limitée, car elles ne sentent assez de forces pour se positionner comme grandes puissances et prendre des responsabilités internationales en se considérant des puissances régionales.

Alexandre LATSA

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Источник: «La Voix de la Russie»
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